Le temps du rêve ou DREAMTIME
Le Dreamtime correspond au temps des origines, celui des ancêtres mythiques qui ont constitué par leurs aventures sur les Terres à la fois leur paysage, les minéraux, la faune, la flore, et les hommes, dont l'ensemble forme une seule entité.
Le Dreamtime regroupe donc les histoires de ce temps et les lois qui en découlent. Les aborigènes se conçoivent comme les descendants directs de ces ancêtres, et pour cette raison ils ont pour rôle de perpétuer leurs histoires.
C'est pourquoi le temps du rêve n'est ni passé, ni présent (termes qui n'ont d'ailleurs pas le même sens pour les aborigènes que pour nous) mais les deux à la fois.
La culture aborigène est une culture essentiellement orale, bien qu’elle repose essentiellement sur la mémoire individuelle, cette culture est constituée de systèmes de connaissance complexes dont la peinture constitue le seul support tangible.
La peinture Aborigène
Les aborigènes utilisent des dessins comme support de narration. Ces dessins sont traditionnellement destinés à un rôle précis au cours d’une cérémonie donnée. En principe il n’ont pas vocation à être conservés. Toute peinture est imprégnée de son rapport aux ancêtres et au Dreamtime. Elle répond à des lois très précises lorsqu'elle était produite pour les cérémonies.
Aujourd’hui, le statut de la peinture a changé. La pratique de la peinture sur écorce, technique millénaire, s'est généralisée car la pérennité de ce support le rend commercialisable.
Traditionnellement chaque peinture raconte une histoire mythologique du Dreamtime, le peintre doit donc connaître cette histoire, et être en droit de la raconter, de la peindre ou de la chanter.
Ce droit, en partie héréditaire, correspond aussi au niveau de l'artiste dans le domaine de la connaissance traditionnelle.
La valeur d'une peinture dépend donc de l'histoire qui y est racontée et témoigne des qualités du peintre lui-même. Dans la région d’Arnhem, les peintures sont composées de dessins d'animaux, de graphismes souvent linéaires, de formes géométriques.
La peinture dite "à point", provient exclusivement du centre de l'Australie. Elle répond également à des règles, mais ces lois sont totalement différentes de celles qu'appliquent les aborigènes des autres régions.
Les peintures sont réalisées exclusivement à base d'éléments de la nature. Le support en lui même est fourni par une variété d'eucalyptus, le "stringy bark".
Le rectangle d'écorce doit être découpé à la saison des pluies. Ainsi le bois est souple, et l'écorce arrondie peut être aplatie par un long séjour sous une pierre, après avoir été chauffée à la flamme pour la sécher. Le dessus de l'écorce, d'aspect laineux, est nettoyé. Maintenu par des baguettes de "put-put", le support est alors prêt à recevoir la peinture.
Les couleurs proviennent exclusivement de pigments naturels qui peuvent être mélangées. On en compte quatre :
- Le blanc est obtenu grâce à du gypse. La couleur blanche renvoie à la fumée blanche produite à l'occasion des cérémonies mortuaires.
- Du manganèse est utilisé pour le noir, qui évoque la fumée épaisse des feux de bush,
- Le rouge provient d'une hématite rouge, le rouge est la couleur du feu,
- Le jaune d'une hématite jaune., et le jaune celle des sites sacrés.
Les pierres sont frottées sur du roc avec de l'eau pour devenir de la peinture.